REFLEXION DU MOIS

JUILLET et AOUT 2020

Les mois d’été sont normalement un moment de relâche. Je pense à la parole du Seigneur dite à ses apôtres au retour de leur mission : « Venez dans un endroit isolé (désert) et reposez-vous un peu » (Marc, ch. 6, v. 31), ce qui ne va pas marcher ! Malgré l’isolement du lieu, les foules vont les rejoindre et Jésus va devoir/vouloir les nourrir de la Parole, puis du pain partagé, multiplié et distribué par… les apôtres. En clair, ont-ils pu se reposer ?

 

Partons d’une première question : que cherchaient ces foules qui les ont rejoints ?

Cette interrogation traverse les Evangiles : que cherchent les foules qui vont à Jésus ? Et que cherchent les disciples qui se mettent à sa suite ? C’est la première question que Jésus pose aux premiers disciples qui s’étaient mis à sa suite : « Que cherchez-vous ? » (Jn 1, 38). Ne nous la repose-t-il pas à nous, aujourd’hui : que cherchons-nous , quelle est la quête qui anime notre vie spirituelle ?

 

La recherche. Dans le récit évangélique, la recherche peut être positive ou négative. Positive quand elle conduit les disciples à se mettre à la suite de Jésus, et quand une femme vient lui laver les pieds : elle ne doit rien dire, Jésus a compris sa recherche et il lui en rend grâce. Par contre, dans d’autres passages la recherche est vaine : « Cette génération cherche à voir un signe et il ne lui en sera pas donné » (Lc 11, 29). Parfois, la recherche est même très négative : « Les grand-prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr » (Lc 19, 47).

 

A trois moments-clé du récit évangélique, Jésus repose cette question : « Qui cherchez-vous ? » : aux premiers disciples, puis aux soldats venus l’arrêter (Jn 18, 4,7), enfin, à Marie en pleurs au pied du tombeau (Jn 20, 15). La résurrection est elle-même, une reprise de la recherche, avec une mise en garde donnée par l’ange : « Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? » (Luc, 24, 5). Notre vie spirituelle est-elle bien recherche du Vivant ? Et où le cherchons-nous ?

Dans le fil de cette réflexion sur la recherche, durant la crise du Covid-19, j’ai été attentif aux réflexions et aux questions posées en plusieurs lieux, quant à nos choix de société. Du cœur de « la foule » renaît la question : « Que cherchons-nous ? ». En quoi la recherche inscrite au cœur de notre vie spirituelle peut-elle rejoindre et se nourrir de cette recherche de la foule ? Et peut-elle la nourrir ?

Autre réflexion. L’Eglise a été mise à mal par le confinement. La reprise se fait avec prudence et en douceur : les mois de vacances ne nous offrent-ils pas une transition vers la reprise de la vie pastorale en septembre ? Mais la reprise sera cette année, sans doute différente des autres, qui marquera la fin (provisoire ?) de la crise sanitaire.

Il nous faudra alors veiller à ne pas confondre passé et avenir.

En mars, nous avons dû déposer tout ce que nous avions en main. Moment de déprise. Pour certain(e)s, moment de souffrance : déprise de la liberté de mouvement, des relations, de nos engagements, et pour beaucoup, déprise de notre travail, voire de nos ressources… Ouvrir les mains.

S’agit-il de tout « reprendre » ? En un sens, oui. Reprendre notre liberté de déplacement, nos relations, nos occupations, et si besoin, reprendre, retrouver nos sources de subsistance. Mais attention à la « méprise ». J’ai tout lieu de croire qu’on ne va pas re-prendre notre vie comme en mars. Sinon, totalement vaine aura été la crise. Certes, elle nous a beaucoup enlevé. Peut-être des êtres chers, des relations, la vie communautaire, des habitudes dont celle d’aller à la célébration le dimanche.

 

Peut-on retenir ce qu’elle nous a donné ? Un autre mode de consommation, la (re)découverte de la disponibilité – contemplation de la nature, lecture, écoute de musique ou de réflexions plus approfondies ; découverte de moyens d’information ou de communication virtuelles. Des moments de solitude, de prière, de vie calme.

Quand le Christ dit à ses disciples « Venez vous reposer », souhaitait-il que ses disciples puissent dormir et ne rien faire ? Ou leur souhaitait-il qu’en nourrissant les foules, ils apprennent à se nourrir de ce que leur mission leur avait révélé ? Pour pouvoir « reprendre » autrement cette mission.

 

Durant ces mois d’été, je vous souhaite donc vous nourrir de ce qui a été vécu. Et comme les apôtres, de reprendre avec le Christ le chemin de la mission et de la recherche spirituelle - dans la foi, l’espérance et la vie fraternelle.

 

Je vous souhaite un bel été.

Abbé Benoît HAUZEUR.

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