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Secrétariat de l'Unité Pastorale "Les Cerisiers" 

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REFLEXION DU MOIS

MARS 2020

 

Le Carême au quotidien

 C’est une jeune femme que je connais depuis sa naissance, la fille d’amis proches. Sa vie a été rude. « Elle est cabossée », dirait un ami. Elle est passée par une phase de profonde dépression, de difficultés comportementales et de descente aux enfers, au cours de laquelle elle s’est complètement refermée sur elle-même. Maintenant, je ne sais pas pourquoi, elle semble en sortir. Comme écrit dans le psaume 30, 9 : « Tu ne m'as pas livré aux mains de l'ennemi ; devant moi, tu as ouvert un passage ».

Elle me propose d’aller se promener, de prendre l’air, elle qui n’osait plus sortir depuis trois mois. Au cours de la balade en forêt, elle se livre. Durant ses crises, elle a construit des scénarios catastrophiques qui l’ont amenée à avoir peur des gens, surtout de ceux qui ont une tête qui ne lui revient pas. Parfois, elle les agressait… Mais maintenant, avec moi, dit-elle, elle se sent en sécurité.

Le fait qu’elle se sente en sécurité en ma présence tient à ce besoin de confiance qui l’habite et la conduit à chercher un lieu ou une personne qui l’apaise. Ne rien lui demander, ne pas l’envahir d’un quelconque bla-bla, accepter ses silences comme ses paroles, être là sans projet, sans autre but que d’être là... Se promener, tout simplement, en se laissant porter par le chemin, pendant une ou deux heures.

Et voilà que je pense à Dieu, à la foi, au Christ. Nous avons souvent l’impression que Dieu nous demande de « faire » quelque chose, pour annoncer l’Evangile... Ai-je fait quelque chose en écoutant cette jeune femme ? Je pense à ce passage de la Bible où Jésus envoie ses disciples dans les villes et villages, pour y annoncer sa venue : « [Si vous entrez dans un village et] s'il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui ; sinon, elle reviendra à vous » (Luc 10, 6). Apporter la confiance qui fait naître à la paix, est-ce faire quelque chose ?

Bien sûr, il reste une série de lettres qu’elle n’ose pas ouvrir, subodorant qu’il s’agit de factures, de mises en demeure ou de procès-verbaux pour parkings non payés. Je lui propose de les regarder ensemble, pour l’aider à y voir plus clair.

On entre dans le Carême, rappel du chemin vers la terre promise, vers la terre de liberté pour tous. Je vois mon Carême à l’image de ce que je viens de décrire :

      Un temps d’attention à l’autre, d’entraide.

      Un temps de sobriété, d’abstinence. Personnellement, je me prive sans trop de difficulté de l’une ou l’autre chose, mais je pense à celles et ceux pour qui ne pas boire un verre de bière ou ne pas fumer une cigarette est un réel combat.

      Un temps de prière, où je remets en Dieu ma puissance et mon impuissance, où je le loue pour ces petites lumières qui à l’instar de ce que je viens de décrire éclairent parfois mon chemin, et où je lui fais confiance.

Merci Seigneur. Loué sois-tu ! Guide-moi, guide-nous, sur le chemin de la Résurrection.

Abbé Benoît Hauzeur.